Ville de

L'Etang-Salé
               -  
Ile de

la Réunion
L'Etang-Salé
Bienvenue
Accueil
Album
Culture
Economie
Education
Histoire
Politique
Population
Présentation
Situation
Sports
Tourisme
Actualites
Hébergement
Restauration
 
A connaître
Avis & Comuniqués
Critiques
Numéros utiles
Transport
 
 




ARTICLE DU 18/03/2005
Jean-René Orboin, mis en examen et incarcéré pour le meurtre d’Yveline Barbusse nie depuis le premier jour.

Orboin plaide sa cause, dans une très longue lettre de sept pages recto verso, rédigée depuis sa cellule de la prison du Port, Jean-René Orboin s’exprime sur le crime qui lui est reproché, sur ses conditions de détention, sur l’instruction de son dossier. Il clame son innocence mais surtout lance un vibrant message au mari de la victime : “Roger, je n’ai pas tué ta femme”.


A découvrir
Fonds d'écran
Informatique
Les dossiers
 
A voir
Liens
Loisirs
Livre d'or
Logos
Webmaster
Annuaire
professionnel
Websites-Blogs
à découvrir
 
 
 
 
 
 
 
 
 






 

“Je me permets de vous écrire cette lettre ouverte... en espérant bien sûr que la censure de la prison la laissera passer sans problème”. Le courrier n’est pas daté en en tête mais, sur la dernière page, comme pour une attestation sur l’honneur : “Fait au Port le 6 mars 2005” au dessus de la signature. Et il nous est parvenu sans censure apparente. Une lettre “propre”, sans rature, à l’écriture soignée et au raisonnement ordonné. Une lettre pensée, structurée, probablement recopiée, qui a dû demander de longues heures de travail à son auteur et dont les mots ont du être attentivement pesés. Une lettre qui tente de faire techniquement le point sur le dossier du meurtre d’Yveline Barbusse, mais qui laisse aussi transparaître beaucoup d’émotions. Une lettre document, troublante, que le juge d’instruction, Pierre Kuentz, joindra peut-être au dossier, écrite par un homme affligé, blessé, victime en cours d’une erreur judiciaire, ou par un être sans le moindre scrupule, une sorte de monstre qui s’acharnerait encore sur sa victime et sa famille. La suite de l’enquête nous le dira.

Téléphone portable et grève de la faim

En préambule de ses confidences, Jean-René Orboin fait le point sur la situation de détenu. Il était incarcéré à la prison de Saint-Pierre, avec treize autres codétenus. Jusqu’au jour où un téléphone portable, dont la propriété lui a été attribué par les enquêteurs, a été découvert dans la cellule commune. “Sur 14 personnes qui se trouvaient dans la cellule, naturellement, ce téléphone, forcément, j’en suis le responsable...”, dit-il en se présentant comme la victime d’une nouvelle injustice frisant à l’acharnement. Cet épisode, assimilé à une tentative d’évasion, lui vaut d’être transféré à la prison du Port, ce qui ne facilite en rien ni le travail de son défenseur dont le cabinet est à Saint-Pierre, ni les visites de son neveu. Il nous apprend aussi qu’il a repris sa grève de la faim le 2 février dernier. Il se trouverait du reste dans un état de faiblesse tel qu’il se rend au parloir en fauteuil roulant. Ce n’est pas la première fois qu’Orboin a recours à ce type d’expression pour affirmer son innocence.



 


Hommage à Yveline, message à Roger

“J’en ai vraiment marre de servir de coupable idéal...” Mais cette fois, il en profite pour interpeller directement ceux qu’il désigne comme responsables de la situation et dont il dénonce la cruauté : “Je veux dire aux meurtriers de cette pauvre Yveline : votre machination est bien montée, vous avez pensé à tout en voulant faire de la justice et de la loi votre complice, non seulement vous avez tué Yveline avec acharnement et de la haine, car il paraît que son état était insupportable à la vue, moi, vous êtes en train de voler ma vie, mon avenir, vous faites souffrir ma famille et tous ceux et celles qui m’aiment...” Puis, sur le même registre, c’est directement à la famille d’Yveline Barbusse qu’il lance ce message poignant : “Je voudrais rendre hommage à la mémoire d’Yveline car, elle, elle sait que je ne suis ni de près ni de loin coupable de son meurtre. Son mari, jusqu’à maintenant, a cru en moi. Je voudrais lui dire simplement ceci, ainsi qu’à ses enfants : Roger, je n’ai pas tué ta femme et je n’avais aucune raison de le faire, contrairement à tout ce qui est dit”. Il parle alors de son passé, sans honte et même avec un brin de fierté. En tout cas, il le revendique : “Oui, j’ai été un truand... Oui, j’ai braqué des banques... Oui, j’ai été plusieurs fois aux assises...” avant d’aborder les faits qui lui sont aujourd’hui reprochés : “Venons-en à ce crime horrible que j’aurais soi-disant commis et pour lequel je ne cesserai jamais de crier mon innocence car la vérité tôt ou tard se fera jour...”

Tout brûler

Et, en faisant référence à son passé de voyou, à ses séjours en prison qui ont fait de lui un “spécialisé”, il affirme à propos des indices matériels qui lui sont opposés et qui constituent le faisceau de preuves qui l’ont conduit en prison : “La première des choses qui me serait venue à l’esprit après avoir commis un crime pareil... aurait été de mettre le feu pour effacer toute trace de mon passage, ç’aurait été la moindre des choses...” Ainsi, dit-il, il se serait débarrassé du pantalon et d’une chemise forcément tachée de sang mais il aurait gardé les chaussures et le blouson. Une incohérence dénoncée qu’il ponctue d’un “mais bon” fataliste. En fait, Orboin ne donne aucune explication rigoureuse à la présence de son sang sur les lieux et à celui de la victime sur son blouson. Il doit du reste remarquer cette carence puisqu’il souligne “... Pour le sang, je ne peux vous donner d’autres précisions à ce sujet, des procédures sont toujours en cours”, comme s’il se devait de protéger le secret de l’instruction.

Empreintes et billets de banque

En revanche, il livre une nouvelle information sur son emploi du temps et celui d’Yveline Barbusse lors de la seconde demi-journée ayant précédé le drame : “Dans l’après-midi, Yveline m’a demandé de lui déplacer son frigo pour qu’elle puisse le nettoyer, mais là, aucune empreinte de moi n’est trouvée dans la maison et je trouve ceci anormal...” Curieux, il est vrai puisque le mobile avancé serait le vol des économies du couple. De l’argent qui aurait été caché dans une boîte dissimulée dans la partie congélation dudit frigo... “D’ailleurs, je précise, écrit Orboin, que les billets que j’ai remis moi-même aux gendarmes, ces fameux 310 euros, sont revenus des différentes expertises sans aucune implication dans cette malheureuse affaire, et pour cause, ils sont à moi... et j’espère qu’on me les rendra”. Jean-René Orboin a toujours expliqué que cet argent était celui de son RMI. Une tache de sang avait été découverte sur l’un des billets mais il s’est avéré que ce sang était celui d’Orboin et non celui d’Yveline Barbusse. Il parle aussi du vol de la carte bancaire, de la blessure qu’il se serait faite au cours d’une bagarre, de sa foi en Dieu, de la femme qu’il aime et qui ne parvient pas à obtenir un permis de visite. Justifie sa grève de la faim.

Remerciements et citations

Il distribue les satisfecit à son avocat, Maître Frédéric Hoareau “d’être à ses côtés et de croire en moi comme il l’a toujours fait depuis le début...”, mais aussi au juge d’instruction Pierre Kuentz, “pour son honnêteté et son dévouement dans la recherche de la vérité... Je tiens à le remercier publiquement”. Et Jean-René Orboin pour surprendre encore, cite Malraux : “Pour juger, il faut comprendre” ... et, poursuit-il, “comme c’est le peuple qui juge, alors je pense que le peuple a le droit de savoir”.

Christian Chardon

- CHRONOLOGIE DE L’AFFAIRE BARBUSSE
- Mardi 3 août 2004 : Yveline Barbusse est retrouvée assassinée à coups de hache dans sa case. C’est un voisin qui découvre son corps à l’entrée de sa salle de bains, chemin Band’ Colon, à l’Étang-Salé. La victime, âgée de 55 ans, est recroquevillée et ligotée en position fœtale, les mains liées dans le dos, recouverte d’une couverture polaire. Elle est bâillonnée, son crâne est complètement enfoncé, méconnaissable.
- Vendredi 6 août : Jean-René Orboin est mis en examen. Le suspect se mure dans un profond silence. Pourtant, dans sa chambre, les gendarmes découvrent des éléments particulièrement confondant : une veste maculée de fines taches de sang, une paire de baskets aux empreintes correspondant à celles relevées sur la scène du crime et une hache. Il est mis en examen pour vol et assassinat. Il prétend qu’on lui aurait volé ses effets sans qu’il s’en rende compte.
- Lundi 9 août : Jean-René Orboin entame sa grève de la faim. Placé en détention provisoire à Saint-Pierre, l’unique suspect de l’affaire cesse de s’alimenter. Il continue à nier les faits.
- Novembre 2004 : les analyses ADN sont formelles. Le sang d’Orboin mêlé à celui d’Yveline se trouve sur la veste retrouvée chez le principal suspect. Ce dernier continue néanmoins de nier fermement.

 

 
 
© Copyright Ades, 2000-2006 - Tous droits réservés - L'Etang-Salé v5.0