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Les militaires flytoxent une veillée mortuaire

Article du Journal de l'île de la Réunion du 16 février 2006

C’est une bourde et une belle que viennent de commettre les militaires lors de l’opération de démoustication menée dans la nuit de mardi à mercredi à l’Étang-Salé. Sans respecter les zones d’action préétablies, l’armée est intervenue à côté d’une maison, interrompant brutalement une veillée mortuaire.

L’ensemble des personnes présentes à la veillée mortuaire s’étaient retrouvées dans la petite cour bétonnée quand les militaires ont ordonné à tout le monde de s’enfermer.

Laurent Cayrel avait une excuse de taille pour expliquer son retard d’une demi-heure à la réunion publique qu’il a présidée hier à l’Étang-Salé et au cours de laquelle il a présenté le nouveau plan d’action de l’Etat en matière de lutte contre le chikungunya. Le préfet de la Réunion, commandant en chef des forces de démoustication de l’île, était occuper à présenter ses plus plates excuses au nom de l’Etat français à Elise Delgard, une habitante de la rue Butte Citronnelle à l’Étang-Salé-les-Hauts.

“VOUS NE POUVEZ PAS FAIRE ÇA ICI”

Dans la nuit de mardi à mercredi, elle veillait avec une vingtaine d’autres personnes sa défunte mère, Marie-Louise, décédée à l’âge de 94 ans. Des militaires qui participaient à l’opération de démoustication nocturne décidée par le préfet ont brutalement interrompu la cérémonie vers 2 heures du matin.

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  Après avoir ordonné aux personnes présentes dans la cour de rentrer prestement dans la petite case en tôle, ils ont passé tout le bâtiment à l’insecticide. Problème, ce quartier venait d’être démoustiqué lundi par les services communaux et ne faisait pas partie des secteurs dans laquelle l’armée était autorisée à intervenir. “Il n’est admissible que mes ordres soient transgressés, tempêtait hier le préfet lors de la réunion en mairie. Une bourde qui tombait d’autant plus mal que Laurent Cayrel était justement là pour expliquer pourquoi l’armée allait dorénavant prendre en charge la lutte antivectorielle... “Le corps de ma mère était installé à l’intérieur de la case et nous étions dehors, assis dans la cour, raconte Elise Delgard. D’un coup, les militaires sont arrivés dans la rue, suivis d’un camion pour démoustiquer. Une dame leur a dit qu’ils ne pouvaient pas faire ça ici alors qu’il y avait une veillée mortuaire. Les militaires lui ont répondu qu’ils faisaient leur travail et que l’on devait tous rentrer dans la maison”. En revanche l’attitude du préfet aura touché Elise Delgard. “Il a été très gentil, il s’est excusé en expliquant que les militaires faisaient leur travail mais qu’ils n’avaient pas le droit de démoustiquer ici”.

DES ZONES DÉJÀ DÉMOUSTIQUÉES

Erreur de jugement, zèle, ou tout simplement manque total de coordination ? Toujours est-il que l’armée est intervenue là où elle n’aurait jamais dû le faire. Et pour cause : “Il y avait au départ quatre zones déterminées dont deux que nos services avaient déjà démoustiquées, explique Georges-Marie Dorilas, directeur de cabinet du maire de l’Étang-Salé, Jean-Claude Lacouture. Nous avons négocié avec l’armée et obtenu qu’elle n’intervienne pas une nouvelle fois dans ces zones mais qu’elle se cantonne aux deux secteurs restants dont les habitants avaient été prévenus. Or, le soir même, les militaires ont décidé d’intervenir dans quatre zones. Les gens n’avaient pas pu être informés par nos équipes puisque nous n’étions pas au courant”. Lorsque celles de l’armée sont passées, certaines personnes étaient encore dehors et beaucoup de fenêtres ouvertes. Les réactions de mécontentement ne se sont pas fait attendre et, dès hier, le standard de la mairie, d’abord tenue responsable, a été pris d’assaut par des habitants choqués de cette démoustication surprise. Hier, le préfet a bien précisé que le maire de l’Étang-Salé “n’était en aucune façon responsable”. En revanche, il a annoncé qu’une enquête interne serait menée au sein des Forces armées de la zone sud de l’océan Indien (Fazsoi) qui avait en charge cette opération de démoustication.
Pierre Verrière

 


Deux enfants malades dans la même rue Le flytoxage de la rue Butte Citronnelle aura provoqué des dommages collatéraux. Deux enfants, un garçon de 10 ans et une fille de 13 ans ont été pris de vomissements, de diarrhées et de saignements de nez suite au passage des équipes de l’armée qui ont pulvérisé de l’incescticide dans la rue Butte Citronnelle. Emmenés par le père chez le médecin, les symptômes d’une exposition avec le produit toxique ont été mis en évidence, les mêmes que ceux observés sur les élèves de deux écoles de Saint-Louis récemment.

De nouvelles excuses de l’Etat

Les services de la préfecture commencent à en avoir l’habitude. Pour la deuxième fois depuis le début du mois, une famille réunionnaise a reçu les excuses officielles de l’Etat. Hier après-midi, c’est le préfet Laurent Cayrel lui-même qui s’est rendu chez la famille Delgard pour demander pardon au nom de l’Etat pour la terrible bévue commise la nuit précédente par les militaires chargés de flytoxer nuitamment certains quartiers de l’Étang-Salé. Cette fois, ce n’était pas le bon quartier et les équipes de démoustication ont manqué de la plus élémentaire correction en venant perturber une veillée mortuaire. Une bourde, une boulette, une bévue qui va faire l’objet d’une enquête assurait hier Laurent Cayrel, qui ne semblait pas du tout apprécier ce nouveau dérapage. Déjà, le 4 février dernier, le sous-préfet Franck-Olivier Lachaud, secrétaire général de la préfecture, avait dû se rendre chez la famille Fahin, au Village Desprez de Sainte-Suzanne, pour lui présenter des excuses au nom de l’État. C’est en regardant les infos télé, la veille au soir, que cette famille endeuillée avait appris la vérité sur la mort du petit Dylan, 10 ans, brutalement disparu le 13 janvier. Les autorités sanitaires avaient juste "oublié" de prévenir la famille que le décès de l’enfant et son lien avec le chikungunya allaient faire l’objet d’une conférence de presse tenue par Antoine Perrin, le directeur de l’Agence régionale d’hospitalisation (ARH). On pourra toujours mettre ça sur le compte de la précipitation. Mais, cette fois, cela commence à faire un peu beaucoup. Cet excès de zèle fait vraiment tache dans le nouveau plan de lutte que le préfet voulait beaucoup plus rigoureux. C’est pour ça qu’il avait confié le flytoxage nocturne aux forces armées présentes sur l’île. Si, en plus, maintenant, il ne peut même plus faire confiance à des militaires pour suivre les ordres donnés et rien que les ordres, la série ne fait alors peut-être que commencer. Mieux vaut espérer le contraire.

Pierre Leyral

 
 
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